
Le quartier de Fétilly, à La Rochelle, situé « hors les murs », a réellement commencé à se construire à la fin du XIXe siècle. Mais il se développe rapidement. Pour les deux quartiers de Fétilly et La Trompette, la population passe ainsi de 897 habitants (1901) à 1919 (1911), 2558 (1921) et 3733 (1936) habitants, le nombre de maisons de 189 à 437, 692 et 1035. Dès 1916, l’implantation d’une nouvelle paroisse à Fétilly, prévue de s’appeler à ce moment « Saint Joseph », est étudiée. Il s’agissait de regrouper les quartiers de Fétilly, La Trompette, Bel-Air et Jéricho. Toutefois, le projet n’aboutit pas, même si l’acquisition de terrains pouvant plus tard servir à l’édification d’une église débute pendant les années 20, sous l’impulsion d’un vicaire de la cathédrale, l’abbé Augustin Crampette, né en 1890.
C’est à partir de 1932 que le projet renaît, alors que la population des quartiers concernés a continué d’augmenter. C’est en 1934 que la création est formalisée par l’évêque, monseigneur Curien. L’abbé Crampette est désigné pour préparer l’établissement de la paroisse nouvelle, y compris la construction d’une nouvelle église. Les projets architecturaux sont réalisés par l’architecte diocésain Blanche de Feydeau et sont de plus en plus ambitieux au fur et à mesure que les versions se succèdent, tandis que les derniers terrains ne sont acquis que fin 1935. On s’oriente vers une église en béton armé, recouverte de pierres de parement de Saintonge, dans le style Art Déco et dans l’inspiration des édifices réalisés par Dom Bellot, moine architecte franciscain qui a réalisé une église assez semblable en 1932, l’église de l’Immaculée Conception à Audincourt.
L’abbé Crampette ne veut pas se contenter d’une petite église, « rien n’est trop beau pour Dieu », et il signe volontiers, en son nom, les devis des entrepreneurs. La pierre de fondation est posée le 15 mars 1936 (alors que les murs ont déjà plusieurs mètres de haut). Le gros œuvre est terminé pour l’inauguration, le 14 mars 1937.

Image du chantier fin 1936.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, l’église sert de relais de transmission pour les groupes de résistants rochelais, de lieu de réunions clandestines et de cache d’armes. Le père Crampette s’est vu remettre la croix de chevalier de la Légion d’Honneur en 1964 pour ses activités au profit de la Résistance.
C’est à l’ambition de l’abbé Crampette, qui resta curé jusqu’à 1971 et ne quitta la paroisse que quelques mois avant sa mort, que l’on doit le remarquable monument qu’est cette église de Saint-André-et-Sainte-Jeanne-d’Arc ; et c’est aussi à la générosité des fidèles du diocèse qui permirent, grâce à une loterie diocésaine, de finir de rembourser les dettes colossales contractées par le curé Crampette… en 1943.


Le curé Crampette (fin des années 60) et messe dans l’église.

Conformément à ses dernières volontés, le chanoine Crampette repose sous le porche de l’église.
Visiter l’église
La visite de l’église se déroule en trois temps, permettant d’en comprendre l’histoire, l’architecture et la symbolique.
1. Devant l’église : comprendre le lieu
- La naissance du quartier de Fétilly au début du XXe siècle
- La création de la paroisse : 1932 à 1937
- Le clocher et ses quatre cloches
- Le porche sculpté dédié à saint André
- La tombe du chanoine Augustin Crampette, fondateur de la paroisse
2. La nef : lumière et Art déco
- Les vitraux latéraux illustrant de grandes figures spirituelles
- La chaire monumentale en pierre de Saintonge
- Les chapelles latérales et les confessionnaux
- Le chemin de croix sculpté, inachevé
3. Le chœur : cœur spirituel et artistique
- La mosaïque monumentale inspirée de Saint-Clément de Rome
- Le vitrail en forme de croix, chef-d’œuvre de verre et de symboles
- Le maître-autel et les autels secondaires
- En se retournant : la tribune, l’orgue et le vitrail de Sainte Jeanne d’Arc
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